Communiqué de Press Conseil de ICOS
24 OCTOBRE 2006
Francais
Canada should create a Special Canadian Emergency Task Force for Kandahar
Une nouvelle initiative du Canada en Afghanistan est nécessaire immédiatement
Une action immédiate de lutte contre la pauvreté en Afghanistan est indispensable pour gagner la bataille des cœurs et des esprits et vaincre l’insurrection des taliban
Les gens meurent de faim dans la province de Kandahar doit le Canada est responsable
Le Canada devrait prendre l’initiative pour développer une nouvelle doctrine pour l’Afghanistan – Le Canada doit appeler l’OTAN à se réunir d’urgence pour revoir l’action internationale
Le Canada devrait s’opposer à l’éradication forcée du pavot et promouvoir un programme de commerce équitable pour acheter de la morphine afghane
De nouvelle initiatives sont nécessaires pour assurer un environnement plus sûr aux troupes canadiennes.
OTTAWA – Le Canada doit développer son engagement en Afghanistan et prendre l’initiative au sein de l’alliance de l’OTAN, déclare ICOS, un institut de recherche international sur les questions de développement et de sécurité, parmi une série de recommandations sur le rôle du Canada en Afghanistan, rendues publiques dans un document publié à l’occasion d’un Symposium international qui s’est tenu aujourd’hui à Ottawa.
« Le Canada a pris la responsabilité de Kandahar et doit persévérer. Nous devons tous être très inquiets du retour des taliban et d’Al Qaeda en Afghanistan, sinon pour les Afghans eux-mêmes mais également pour notre propre sécurité. » a déclaré la Canadienne Norine MacDonald, QC, présidente fondatrice du Conseil de ICOS, et qui conduit également la recherche de terrain à Kandahar.
« Il y a eu une détérioration dramatique de la situation militaire à Kandahar ces derniers mois. Kandahar est entièrement une zone de guerre et les talibans gagnent à la fois les batailles militaires et également la bataille pour le cœur et l’esprit des Afghans. Nous nous sommes engagés et devons persévérer mais nous devons le faire à travers une nouvelle approche. Dire que nous devons nous retirer ferait du Canada le complice d’un crime contre l’humanité en Afghanistan. Si la communauté internationale devait quitter le pays, ce serait faire le cadeau à Al Qaeda d’un refuge géopolitique pour l’extrémisme terroriste. »
Le Canadian doit prendre l’initiative d’une nouvelle approche pour l’Afghanistan sur la scène internationale
« Le Canada doit prendre l’initiative en Afghanistan sur la scène internationale. Suivre la politique des Etats-Unis en Afghanistan a directement conduit à des morts canadiennes sur le terrain. Les bombardements américains, l’approche militaires américaine et l’éradication forcée américaine du pavot ont créé un environnement hostile pour toutes les troupes de l’OTAN. Les troupes canadiennes font un travail héroïque à Kandahar dans des conditions extrêmement difficiles et doivent en être félicitées, mais les politiques qui constituent le cadre de leur action les met en danger. »
« M. Harper doit prendre l’initiative sur le sujet de la crise afghane et convoquer d’urgence une réunion de l’OTAN pour développer une nouvelle approche pour l’Afghanistan » déclare Mme MacDonald. « Plus nous attendons pour changer notre approche, plus il y aura de morts et de blessés, y compris parmi les troupes canadiennes. »
L’extrême pauvreté alimente l’insurrection
La crise de pauvreté qui se fait jour à Kandahar et dans le reste du sud de l’Afghanistan est due à différents facteurs : perte de revenus dus à l’éradication forcée du pavot commandée par les Américains, déplacements de population dus aux bombardements américains, ainsi que sécheresse récurrente.
Des camps de réfugiés de fortune sont apparus et des situations de famine, semblables à celles que l’on observe sur le continent africain, menacent la survie de beaucoup d’Afghans, spécialement des jeunes. Des enfants meurent de faim littéralement en bas de la route qui mène au camp canadien de Kandahar. Les gens qui vivent dans ces camps n’ont reçu aucune aide, ni des Canadiens, ni des Nations Unies.
« L’extrême pauvreté conduit à la colère et au ressentiment contre la communauté internationale. Elle alimente directement le soutien pour les taliban » dit Mme MacDonald. « Les gens se sentent abandonnés par les Canadiens et tous les intervenants internationaux, qu’ils pensaient être là pour les aider. Les troupes canadiennes à Kandahar se battent contre l’insurrection des talibans dans un environnement de plus en plus vindicatif. »
L’éradication forcée du pavot alimente le soutien en faveur des Taliban
L’éradication forcée des cultures de pavot à opium, qui est mise en œuvre à Kandahar depuis 2002, a contribué de manière significative à l’appauvrissement et au déplacement des populations de la province. La principale source de revenus à Kandahar est la production d’opium et l’éradication forcée conduite à la demande des Etats Unis a alimenté la pauvreté et les fermiers qui ont perdu leurs revenus se débattent maintenant pour nourrir leur famille.
Comme il est très difficile pour les Afghans de différencier les soldats canadiens des Américains, l’éradication des cultures a généré de la colère contre les militaires canadiens. L’éradication met en danger la vie des soldats canadiens.
« Beaucoup des gens que nous rencontrons dans les camps de réfugiés ont du quitter leur village parce qu’ils ont tout perdu avec l’éradication de leurs champs. » explique Mme MacDonald, qui vit et travaille en Afghanistan depuis début 2005 et qui a passé la plupart de son temps dans le sud de l’Afghanistan ces 6 derniers mois. « Les provinces du Sud ont été les plus durement touchées car le pavot est l’une des rares plantes qui peut pousser dans ces zones arides. »
Cette années, environ 3 000 hectares de pavot ont été éradiqués à Kandahar. Ce sont souvent les fermiers les plus pauvres qui en sont victimes car ils sont incapables de payer les pots-de-vin pour échapper à la destruction de leurs champs.
« Les taliban ont saisi l’opportunité politique causée par la colère contre l’OTAN suscitée par l’éradication et ils l’utilisent pour gagner le soutien des populations du sud » explique Mme MacDonald.
Un rapport récent de ICOS a montré que la ligne de front du contrôle par les taliban passe maintenant au milieu du pays.
Une action d’urgence contre la pauvreté calmerait l’insurrection menée par les taliban et protégerait les troupes canadiennes
ICOS dit que le Canada doit se démarquer des approches militaires agressives américaines et se concentrer sur la lutte contre la pauvreté et le développement, afin de rétablir une relation avec la population locale et saper l’insurrection. Les valeurs canadiennes et son expérience dans le domaine des questions multiculturelles et du bilinguisme est un atout unique qui doit être mis à profit pour gérer les défis ethniques et tribaux d’Afghanistan.
« Nous devons envoyer immédiatement une aide alimentaire à Kandahar. Si nous ne le faisons pas pour des raisons humanitaires, faisons le au moins pour des raisons stratégiques. Ce n’est pas une guerre qui peut être gagnée à l’aide des seuls moyens militaires. » dit Mme MacDonald.
ICOS dit qu’une action d’urgence pour l’aide alimentaire et l’assistance doit être préparé pour l’Afghanistan.
Sous le leadership américain, le développement et la lutte contre la pauvreté ont été négligés, jusqu’à maintenant la sécurité avait la priorité, avec 82 milliards de dollars américains dépensé pour les opérations militaires en Afghanistan depuis 2002, et seulement 7 milliards dépensés en développement.
« Ce n’est pas la meilleure manière de gagner les cœurs et les esprits » a déclaré Mme MacDonald.
Trois recommandations pour une nouvelle approche canadienne
Trois niveaux nécessaires d’action: International, en Afghanistan et au Canada.
Dans un rapport publié par ICOS pour le Symposium, l’organisation formule trois recommandations clés pour l’engagement du Canada en Afghanistan:
1. Le Canada doit montrer la direction au niveau international pour Afghanistan - pour formuler une nouvelle approche politique, ajustée pour véritablement conquérir les cœurs et les esprits. Cette nouvelle approche devrait éviter toute action qui jetterait de l’huile sur le feu avec la population afghane, comme les bombardements de village et les morts chez les civils ainsi que l’éradication forcée. Le Canada doit prendre l’initiative de convoquer une conférence de l’OTAN pour promouvoir et formuler une nouvelle approche.
Le Canada devrait également organiser une série de Jirgas (assemblées communautaires traditionnelles) afin de comprendre les besoins de la population afghane. De cette manière, la prise de décision politique serait ajustée aux problèmes réels.
Le Canada devrait soutenir la mise en œuvre d’un système de production d’opium sous licence en Afghanistan pour la production de médicaments comme la codéine ou la morphine dont la disponibilité mondiale est l’objet d’un immense déficit. Une marque afghane pour le commerce équitable de morphine et de codéine devrait aider les pays en développement dans le traitement de la douleur.
2. Le Canada devrait délivrer une aide alimentaire et une assistance urgentes, ce qui aiderait à calmer les esprits et atténuerait l’insurrection. Il n’y a aujourd’hui que la stratégie militaire et l’Agence canadienne de développement international (ACDI) devrait être plus impliquée en Afghanistan et particulièrement à Kandahar.
3. Le Canada devrait aider ses citoyens et ses organisations à s’impliquer pour aider concrètement Kandahar. Des programmes d’échange pourraient être développés, notre expertise exportée et des programmes de support des communautés mis en place.
Les Canadiens ordinaires devraient pouvoir faire plus pour aider les Afghans moyens
« Les Canadiens ont montré leur engagement et leur intérêt pour la situation en Afghanistan » dit Mme MacDonald. « Le gouvernement canadien doit leur donner l’opportunité d’aider directement les Afghans ».
ICOS suggère de stimuler les programmes d’aide et les échanges professionnels entre Canadiens et Afghans afin d’améliorer la compréhension mutuelle et pour permettre aux citoyens canadiens d’aider les communautés afghanes dans le besoin. « Tout doit être fait pour mettre en place l’infrastructure nécessaire pour que les Canadiens puissent aider eux-mêmes les Afghans. Le Canada a urgemment besoin de s’impliquer positivement avec la population de Kandahar. »
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